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Solidarité face à la terreur : ensemble nous sommes plus forts

Interview de Désirée Dijoux sur la situation en Nouvelle-Calédonie

Désirée Dijoux, une Réunionnaise résidant en Nouvelle-Calédonie depuis plus de 10 ans, partage son témoignage sur les récents événements agitant l’île. Elle aborde la peur croissante parmi les habitants, tout en mettant en avant la solidarité remarquable qui se manifeste au sein des quartiers à travers la formation de milices de voisinage.

Ecrit par Gaëtan Dumuids – le jeudi 16 mai 2024 à 11h35

Depuis le début de la semaine et l’examen de la réforme constitutionnelle à l’Assemblée nationale, la Nouvelle-Calédonie est le théâtre de violences qui ont déjà eu un lourd impact humain. Ces événements ont conduit l’État à déclarer l’état d’urgence, tandis qu’Emmanuel Macron préside une réunion de crise ce jeudi matin. Alors que l’inquiétude grandit à Paris, les habitants locaux sont plongés dans un climat de violence préoccupant.

« J’ai l’impression d’être dans un pays en guerre, comme en Ukraine », exprime Désirée Dijoux, installée en Nouvelle-Calédonie depuis 2007, qui avoue son étonnement face à la situation. « La situation s’est brusquement détériorée lundi soir. Nous ne pensions pas que cela allait se poursuivre mardi soir, mais finalement, c’était encore plus intense. Nous n’étions pas préparés à cela. Tout a basculé d’un coup », précise-t-elle.

Comme de nombreux habitants, Désirée n’avait pas anticipé la durée et la gravité des événements. Ainsi, de nombreuses familles se retrouvent sans provisions et nourriture. Avec de nombreux commerces détruits par les violences, il est difficile de se ravitailler. « Certains petits commerces ouvrent en journée, mais ferment lors du couvre-feu. La ruée vers la nourriture devient chaotique », souligne-t-elle.

 

La solidarité s’organise en Nouvelle-Calédonie

Cette situation a engendré une forme de solidarité parmi la population, encouragée par la radio Nouvelle-Calédonie la Première. En cas de besoins urgents (médicaments, lait pour bébé, nourriture…), une grande chaîne de solidarité se déploie sur les réseaux sociaux pour venir en aide aux plus démunis.

Cependant, cette solidarité prend également une forme plus radicale. « Les forces de l’ordre ne peuvent être présentes partout et se concentrent principalement sur les points sensibles. C’est ainsi que des milices de quartier se sont constituées, érigeant des barricades et assurant une vigilance constante », explique Désirée.

Cette situation génère un état de stress chez les habitants. « Nous sommes terrorisés, mais nous trouvons du réconfort dans notre solidarité. Chaque bruit, chaque mouvement de rideau provoque une montée d’angoisse », affirme la Réunionnaise.

En espérant que l’état d’urgence et l’arrivée de renforts puissent ramener le calme, Désirée reste inquiète face à d’autres menaces potentielles. « Notre principale crainte est d’être isolés du monde extérieur. Nous redoutons les coupures d’électricité, d’eau ou d’internet », confie-t-elle, inquiète pour sa famille.

Source

Zinfos974

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