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L’agrivoltaisme : une solution pour relever les défis du futur

Agrivoltaisme : La solutions pour l’autonomie énergétique et alimentaire de la Réunion

Entre les besoins énergétiques d’une population en croissance et le besoin d’autonomie alimentaire de l’île, l’agrivoltaisme apparaît comme une solution. Déjà une vingtaine d’exploitations se sont converties à cette technique, permettant d’alimenter l’équivalent de 4000 foyers réunionnais en électricité.

Ecrit par N.P – le jeudi 08 février 2024 à 08H27

Pour fêter les quinze ans de l’installation du premier site d’agrovoltaisme à Pierrefonds, le rendez-vous était donné aux acteurs de la filière dans les serres du centre pénitentiaire du Port. Organisé par l’entreprise Akuo, cet événement avait pour but de faire le point sur les avancées de ce type d’agriculture, alors que la pression sur les terres agricoles se renforcent et que le besoin de développement des énergies renouvelables se fait de plus en plus pressant. “La Réunion a été pionnière en la matière, et ce genre de projet a même essaimé depuis en Nouvelle-Calédonie. C’est un concept que nous avons coconstruit avec les agriculteurs, et qui contrairement aux idées reçues n’est pas au service du producteur d’énergie”, précise Eric Scotto, le cofondateur d’Akuo. D’ailleurs, le président de l’entreprise se réjouit de voir que ses serres ont bien résisté aux événements climatiques récents. “En étant anti-cycloniques, nous voulons anticiper que les phénomènes météorologiques violents vont être de plus nombreux dans les années à venir, avec le réchauffement climatique. Nous devons nous adapter à ces nouvelles réalités. L’agrivoltaisme doit nous permettre de répondre aux défis du futur”, poursuit l’entrepreneur.

Des récoltes de meilleures qualités

Aujourd’hui, une vingtaine d’exploitations agricoles ont tenté l’expérience dans les domaines du maraîchage, de l’horticulture ou de la tisanerie. Ainsi, Jean-Bernard Gonthier, agriculteur à Petite-Ile et Saint-Joseph, souligne que si certains rendements sont plus faibles qu’en plein champ “les résultats sont de meilleures qualités. Par exemple, avec les fruits de la passion, ils sont tous de catégorie 1, ce qui permet de tous les vendre. C’est pareil sur les cultures qui servent à la tisanerie, les feuilles sont plus grandes. Et surtout, les serres nous permettent de récupérer l’eau de pluie. On est donc totalement autonome sur les 9m3 dont on a besoin tous les jours. Allez demander aux agriculteurs qui font de l’irrigation, et vous allez comprendre les économies qu’on fait”, explique l’agriculteur.

Jean-Louis Payet, horticulteur au Tampon, voit aussi une grande différence sur son activité. “Avec le covid, les fleurs coupées ont commencé à rencontrer moins de succès. Donc, nous avons dû nous orienter vers les plantes en pots pour la grande distribution. C’est beaucoup plus exigeant et les serres nous permettent de bien mieux contrôler l’environnement”, explique l’exploitant.

Au total, les serres présentes à La Réunion permettent d’alimenter près de 4000 foyers, soit environs 10 500 personnes.



Source

Zinfos974

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